Lorsqu’il présente les résultats de sa thèse au printemps 2016 en vue de l’obtention de son Doctorat en sciences humaines, psychologie, counselling et Spiritualité à l’Université Saint Paul d’Ottawa au Canada, le public et le jury voient dans le jeune Buuma Maïsha le nouveau Denis Mukwege. Et si le second est un gynécologue et le premier, psychothérapeute, les deux hommes qui se connaissent très bien partagent la même passion : la cause de la femme congolaise victime de viol dans l’Est de la République Démocratique du Congo.


Après la soutenance de thèse – Avril 2016 Ustpaul

C’est ce thème, objet de sa recherche acceptée à l’unanimité, que le jeune chercheur a décidé de raconter à travers un livre. Dans « Souillure de viol : le dilemme d’être à la fois victime et accusée ! » paru aux Éditions Universitaires Européennes, Buuma Maïsha livre un récit original des violences sexuelles dans l’Est du Congo. Au cœur de son argument, la double peine, celle que subit la victime. Violée, celle qui a besoin d’être aidée et prise en charge, doit par contre affronter le regard et le rejet de ses proches, du village, des gens de son quartier. Bref, de la société.


La couverture du livre, « Souillure du viol… »

Dans cette étude menée auprès des victimes dans le Kivu, « dans les conditions sécuritaires difficiles », comme en témoigne sa directrice de thèse, Buuma Maïsha explore les dynamiques et la douleur internes de la question du viol en se démarquant de la gamme de littérature sur le caractère souvent physique du phénomène.


Une femme victime de violence dans l’Est de la RDC.

C’est autour de ces enjeux du traumatisme, violence sexuelle, image de soi et normes socioculturelles au sein de la société que le professeur assistant de l’Université Saint Paul Buuma Maïsha approche la problématique du viol. Son prochain livre, « Les tabous sexuels transgressés : Viol en temps de guerre, chez L’Harmattan, coécrit avec les docteures Judith Malette et Karlijn Demasure, est annoncé dans les prochaines semaines.