En République Démocratique du Congo, une décision de la Justice belge a rouvert les plaies douloureuses vielles de 19 ans. Celles de la guerre dite d’agression en 1998. Mardi, un juge belge a annoncé qu’il avait ouvert une enquête pour crime contre l’humanité pour l’attaque perpétrée par la rébellion du RCD contre un Boeing 727 transportant 50 passagers dont des femmes et des enfants. Une procédure qui vise l’actuel ministre de la Justice Alexis Thambwe Mwamba. Au-delà de l’abattage de l’avion, cette affaire rappelle surtout combien l’insurrection contre Laurent désiré Kabila était d’une rare violence envers les populations civiles.

Selon un rapport de l’ONG Human Right Watch publié en Juin 2002, la violence sexuelle a été utilisée comme une arme de guerre par la plupart des forces impliquées dans ce conflit. « Les combattants du RCD, les soldats rwandais, ainsi que les combattants des forces qui leur sont opposées – les Mai-Mai, groupes armés de Hutu rwandais et les rebelles burundais des Forces pour la Défense de la Démocratie (FDD) et du Front National pour la Libération (FNL) – ont violé́ des femmes et des filles au cours de l’année écoulée, de façon fréquente et parfois systématique », dénonçait l’Organisation americaine.

L’Est de la RDC, « Capitale mondiale du viol »

Des atrocités régulièrement dénoncées par la force onusienne de maintien de la paix, baptisée alors, MONUC, mission de l’Onu au Congo, et qui se sont poursuivies dans les différentes guerres qui se sont succédées, du RCD au M23. Jusqu’à valoir à l’Est du pays le surnom de capitale mondiale du viol.

C’est dans ce contexte qu’est fondé en 1999 hôpital de Panzi au Sud Kivu. Dirigé par le célèbre gynécologue Denis Mukwege, l’établissement prend en charge depuis près de deux décennies les survivants des violences sexuelles.

« Mes premiers cas en 1999 étaient des femmes adultes. Mais maintenant, j’observe de plus en plus d’enfants, de bébés violés avec des périnées complètement déchirés, où il n’y a plus ni vagin, ni rectum, ni vessie, détruits en un seul trou », se désolait début mars 2017 l’homme qui « répare » les femmes.

Une souffrance qui n’a pas totalement disparu depuis la guerre du RCD Goma.