C’est le service minimum que l’opposition congolaise pourrait espérer de la visite de Joseph Kabila en Afrique du Sud, chez le grand ami Jacob Zuma. Alors que la situation politique reste préoccupante et que les conflits au Kasaï et à Beni inquiètent, le président sud-africain a livré à son homologue congolais et sa délégation une analyse plutôt optimiste de la situation.

« La RDC est politiquement stable et la situation sécuritaire s’est améliorée dans le pays », a déclaré Jacob Zuma avant de féliciter Joseph Kabila pour les progrès réalisés jusqu’ici et de la manière dont il conduit le processus électoral. « Le peuple de la RDC doit déterminer et décider de son avenir politique interne. La meilleure façon de le faire est la négociation et le dialogue. Les Congolais ont prouvé dans le passé leur capacité à dialoguer », a recommandé Jacob Zuma.

Pour autant, les deux pays restent hostiles à d’autres interventions étrangères dans les affaires intérieures des États. « Les deux chefs d’États ont condamné les ingérences intempestives de certaines instances extra-africaines dans leurs affaires intérieures, menaçant la souveraineté des pays africains », indique le communiqué final sanctionnant la fin de la 10e session ordinaire de la commission mixte RDC-RSA. Allusion à peine voilée aux multiples rappels à l’ordre de l’Union européenne et des États-Unis en vue de la mise en œuvre de l’accord de la Saint Sylvestre censé permettre au pays d’organiser les élections à la fin de l’année.

Alors que cette perspective s’éloigne chaque jour un peu plus, Joseph Kabila a indiqué à son homologue sud-africain que le dialogue a toujours été permanent en RDC et qu’il continuait de l’être. « Et ce genre de dialogue a un objectif, atteindre les priorités du gouvernement et organiser, ensemble, les élections. Nous avons toujours cet objectif à l’esprit », a insisté le chef de l’État.

Début juin, Joseph Kabila avait provoqué un tollé après avoir affirmé n’avoir jamais promis les élections « du tout » dans le magazine allemand Der Spiegel. Depuis l’Afrique du Sud ce dimanche 25 juin 2017, l’horizon électoral ne semble pas toujours s’éclaircir.