C’est une « Une » dont le Magazine congolais Géopolis se serait bien passé. Il y affiche ce lundi les visages de 3 opposants : l’homme d’affaires Sindika Dokolo, très critique ces derniers jours contre le Pouvoir depuis l’Angola, l’ancien Gouverneur du Katanga Moïse Katumbi, en exil depuis plus d’un an et qui veut en découdre avec les autorités de Kinshasa, ainsi que son tout nouveau porte-parole Olivier Kamitatu. Tous trois partagent en commun, à la fois, l’opposition au Gouvernement congolais et le fait d’avoir une peau claire.

C’est sur ce dernier point justement que le Journal s’attire les foudres des commentateurs. La photo de trois opposants est coiffée d’une interrogation en guise de titre : « la guerre des ‘’Blanc’’ a-t-elle commencé ? ».

Une maladresse qui ne fait pas rire. Car elle a provoqué des vives condamnations y compris de la ministre des Droits Humains. « C’est honteux de lier la race à un choix politique », a fustigé sur son compte Twitter, Marie Ange Mushobekwa, pour qui, la seule race qui existe est la race humaine.

Dans deux autres tweets, la ministre souligne sa différence politique entre elle et les 3 opposants, mais, martèle-elle, il faut respecter la diversité culturelle.

Militante au sein de la ligue internationale contre le racisme, Marie Ange Mushobekwa fait de la lutte anti raciale son combat de longue date. Même si, on le voit, les victimes ne sont pas de son bord politique. « En tant que ministre des Droits Humains je ne peux tolérer ce genre des propos, même s’ils sont contre mes adversaires politiques », explique-t-elle à CAS-INFO.

Faire allusion à la race est un jeu dangereux auquel la presse n’est pas censée se livrer dans ce contexte de crise politique. Si, avec, ses 450 groupes ethniques, la RDC est à l’abris des conséquences, les exemples ailleurs dans la région rappellent qu’une enficelle peut conduire à des dérives incalculables.