Le Premier ministre Bruno Tshibala a présenté mercredi à l’Assemblée nationale son projet de budget 2017, qui s’élève finalement à 11.301,7 FC, en augmentation de 68,8 %, par rapport au précédent exercice.

Comme prévu, les prévisions en dépenses en recettes ont été jugées globalement irréalisables par les députés. Les critiques les plus sévères sont venues de l’opposition.

« Incohérent, antisocial, dangereux », s’est exclamé Mohindo Nzangi. L’élu MSR a attaqué l’illisibilité des chiffres dont « on ne sait pas d’où ils viennent », fustigeant au passage, l’une des mesures économiques polémiques envisagées et selon lui, anti pouvoir d’achat : l’augmentation de 20% du taux d’importation des vivres frais.

Les critiques formulées sur la taxation des produits alimentaires qui n’est pas à même, selon les intervenants, d’apporter grand-chose au gouvernement, sont les mêmes que celles concernant l’apport des partenaires extérieurs à ce Budget. « Il s’agit des recettes oisives », a prévenu Henri Thomas Lokondo qui conseille de ne pas compter sur les promesses peu sûres.

Pour le député MP de Mbandaka qui ne se prive toujours pas de sa liberté de parole, il ne faut pas s’éparpiller. « Ce Gouvernement est un Gouvernement de mission, qui a une durée déterminée, il ne faut pas faire abstraction de cela », a-t-il plaidé faisant échos à l’UNC Beaudouin Mayo qui a appelé, un plus tôt, Bruno Tshibala à se concentrer sur les élections. Pendant que Gilbert Kiakwama lui lançait un « mon cher Bruno, ne soyez pas l’incarnation du passif de la MP ».

Avec une part importante d’allocations réservées à la révision du fichier électoral : 110,9 milliards de Francs Congolais, soit 764,9 millions de dollars, le projet du Gouvernement Tshibala qui compte également sur 58,1 milliards FC des bailleurs extérieur (Union européenne et Monusco), a plus de chance d’être déclaré recevable dans une assemblée dominée par la Majorité présidentielle.

La Commission économique et financière tentera de le réajuster.