C’est un sévère diagnostic de la situation politique, sociale et sécuritaire en RDC que livrent les évêques de Bukavu réunis au sein de l’Assemblée provinciale épiscopale de Bukavu (ESSEPB). Ils viennent de tenir leur session ordinaire à Uvira du 8 au 15 dernier. Sanctionnée par une analyse sans concessions d’un pays dont le « déficit de l’autorité de l’État [va] croissant ».

« Nous lisons sur tant de visage l’expression d’une anxiété [de la population d’Uvira] qu’elle partage, du reste, avec tout le peuple congolais qui est globalement un sentiment d’abandon de son État », écrivent les évêques avant d’énumérer les messages leur lancés par la population le long de leurs séjours : « Uchaguzi (élections) ! Barabara (les routes) ! Kazi (le chômage) Inchi inalabika (le pays se dégrade) ! », peut-on lire dans la déclaration finale signée par 5 évêques dont l’archevêque de Bukavu Mgr François-Xavier Maroy. CAS-INFO s’en est procuré une copie.

Pour les prélats qui déplorent une détresse « généralisée », le pays est mal gouverné. Ce qui ouvre la porte, selon eux, à l’anarchie et entretient un climat économique, social et politique favorable à la balkanisation, écrivent-ils encore.

« Structures de l’État illégales »

Sécurité, avec les groupes armés qui continuent à pulluler partout, Conditions sociales difficiles de la population, et la politique où a élu domicile la corruption, les Pasteurs de Bukavu passent aux cribles les maux qui rongent la société congolaise. D’autant plus que pour eux, les structures de l’Etat déjà défaillantes sont devenues, en plus, illégales, ou en tout cas, inconstitutionnelles, constatent les princes de l’église de Bukavu. Pour autant, ils veulent, avec l’accord politique de la Saint Sylvestre garder l’espoir.

« Heureusement qu’il y a l’accord de la Saint Sylvestre qui les légitime jusqu’à la tenue des élections prochaines du 31 décembre 2017 », veulent-ils croire tout en renvoyant la balle dans le camp de la population : « en tant que Souverain primaire, il faut que vous preniez en mains votre destinée par les voies pacifiques et démocratiques, dans la non-violence active et évangélique ».

Un message adressé à tous. Chrétiens ou leaders politiques. Car la solution à la crise actuelle ne tombera pas du ciel, exhortent les évêques en conclusion.