Il y avait, au cours de la journée de jeudi, à Kinshasa, marquée par la signature en grande pompe de l’« arrangement particulier », un événement dans l’événement : la sortie de l’ombre de Valentin Mubake. Depuis sa rencontre mouvementée avec le chef de l’État, suivie de la brouille avec son parti, l’Udps, l’ancien conseiller politique d’Étienne Tshisekedi s’était mué dans le silence.

On le croyait « acheté », abattu, parce qu’on lui aurait préféré Bruno Tshibala au poste de Premier ministre dont il n’avait pas vraiment caché l’ambition. Bien au contraire, Valentin Mubake n’a pas perdu de son ardeur d’opposant.

D’abord sur CAS-INFO, il a expliqué pourquoi il ne pouvait pas répondre à l’invitation des présidents des deux chambres du Parlement en vue d’apposer sa signature sur le document. Puisque l’invitation lui est parvenue en retard ? Non !

« L’arrangement particulier nous a pris trois semaines et il n’y avait pas de consensus sur l’intégralité de ce texte-là », a-t-il, plutôt, rappelé tout en dénonçant une démarche « opaque ».

Interrogé quelques minutes plus tard sur Radio Okapi, il est allé plus loin en insistant sur le fait que l’invitation de Aubin Minaku et Léon Kengo devrait consister uniquement en la finalisation de l’arrangement particulier « pour lequel il y a trois points de divergence, à savoir : la présentation et la nomination du Premier ministre, la présidence du Conseil national de suivi de l’accord et le chronogramme qui va baliser le chemin des élections prévues pour cette année »

Alors qu’un Premier ministre est déjà nommé, l’analyse de Valentin Mubake suggère que rien n’est encore joué à ce sujet. De quoi remettre les points sur les ï après les doutes suscités par son récent positionnement politique.

Mais comment comprendre ce nouveau Mubake après ce retour médiatique tonitruant ? Deux suggestions. Premièrement, il a tenu à envoyer un message clair à ses camarades que son passage au Palais de la Nation ne l’a pas transformé, sa place demeure dans l’opposition. Deuxième possibilité, le vain étant déjà tiré, c’est peut-être une manière pour lui de marquer son territoire alors qu’un gouvernement resserré d’à peine 54 places est annoncé. Pourquoi ne pas y décrocher son jackpot.

Seule certitude, le Valentin Mubake qu’on connait était bien de retour jeudi.