Plus de quatre mois après l’expiration de son mandat, Joseph Kabila est toujours président. La faute à l’absence des élections et à la crise politique qui n’en finit plus. Après l’échec du dialogue supervisé par l’église catholique, cette crise est même entrée dans une phase de non-retour avec la signature le vendredi 27 avril 2017 de l’arrangement particulier de l’accord du 31 décembre 2016.

Censé créer les conditions de la mise en œuvre du compromis de la Saint Sylvestre, ce document additionnel a, pourtant, été signé sans la participation du Rassemblement, principale coalition de l’opposition. Pas de quoi ébranler la Majorité présidentielle qui a pu compter sur plusieurs autres courants de l’opposition, de Jean Pierre Bemba à Léon Kengo en passant par Vital Kamerhe. Sans oublier les dissidents du Rassemblement.

Malgré les critiques formulées sur la modification du texte sur les principales questions des divergences (Premier ministre, CNSA, mesures de décrispation), la machine Kabila est bien en marche. Renforcée par la position du chef de la Monusco Maman Sidikou qui prend acte, ce weekend, « de la signature des arrangements particuliers de l’accord global et inclusif du 31 décembre 2016 » tout en appelant toutes les parties congolaises à travailler à la tenue des élections d’ici à la fin de l’année.

Isoler au maximum le Rassemblement

La signature de l’arrangement particulier sans la frange de l’opposition dite « radicale » constitue pour le chef de l’État le dernier acte de son opération d’isolement de la principale force de l’opposition. La solennité de l’événement dans la salle des Congrès et le défilé des figures de marque de la vie politique congolaise au Palais du peuple ont suffi pour montrer à la face du monde de quel côté se trouvait la dynamique.

Il est surtout question de passer le message de lassitude à la population. L’objectif n’étant pas de faire signer tout le monde, mais d’obtenir une large majorité des signataires comme l’a rappelé le président de l’assemblée nationale et chef de la Majorité présidentielle Aubin Minaku.

Joseph Kabila, a, pour sa part, de quoi mobiliser sa rhétorique du garent du bon fonctionnement des institutions fortement mises en mal par la longue durée de la crise. Celui qui veut remettre le pays sur les rails après tant de mois des disputes. Lors de ses deux dernières interventions devant le Congrès, le chef de l’État avait déjà expliqué qu’il n’était plus possible qu’un groupe de gens prenne en otage tout un pays.

Une boutade qui prend tout son sens au moment où le Rassemblement apparait, et c’est l’effet recherché, comme celui qui la joue « perso », pendant que la république se réunit.