La Cenco a annoncé qu’elle met fin aux discussions sur l’arrangement particulier ce lundi 27 Mars. Le moins qu’on puisse dire est que pour une grande partie des Congolais c’est un grand soulagement de voir, enfin, cette grand-messe se terminer. Même si, tout le monde le sait, à quelques heures de ce long atterrissage, les signaux sont au rouge et de manière inquiétante.

Voilà, en effet, 3 mois que Majorité et Rassemblement ont signé l’accord dit de la Saint Sylvestre. 3 mois après, l’enthousiasme et les adjectifs qui s’étaient empressés de qualifier ce compromis politique d’historique, ont, au fil de semaines laissé place à la désillusion.

« Je n’y croit plus », a purement et simplement confié à CAS-INFO le député Jean Bertrand Ewanga. Pour le président du Front Citoyen pour la République, un parti qui soutient la candidature de l’opposant Moïse Katumbi à la présidentielle, l’impasse dans laquelle se trouve les négociations est l’œuvre de la Majorité Présidentielle qui n’a, à aucun moment, selon lui, manifesté la volonté de conclure les discussions.

Il faut dire que depuis le début, les négociateurs du pouvoir ont réussi à ralentir la machine en alignant une pile des stratagèmes : tantôt ils ont signé l’accord « sous réserve », tantôt ils exigent une liste des candidatures au poste de Premier ministre au lieu d’une seule que recommande le compromis. Et s’ils ne remettaient plus en question la présidence du Conseil national du suivi de l’Accord après la disparition de l’opposant Etienne Tshisekedi, ils en exigeait un large consensus. Dans un marigot où s’affrontent les ambitions démesurées, autant dire que le pouvoir a su avancer ses cartes pour tout bloquer.

En tout cas, la cérémonie de clôture du dialogue ce lundi risque de ne pas connaitre la participation de l’Udps, principale formation de l’opposition. Face à la machine à blocage de la Majorité présidentielle, le parti d’Etienne Tshisekedi a craqué et quitté la table des négociations. Elle réfléchit désormais à reprendre les actions de rue si, du point de vue de son secrétaire général Jean marc Kabund, l’accord n’était pas respecté.

Vu l’intransigeance des uns et des autres qui s’est même radicalisée ces dernières heures, les dissensions internes au sein du Rassemblement où les membres dissidents de la coalition de l’opposition tiennent à jouer les roubles fête jusqu’about, on imagine mal le bateau Cenco accoster à bon port ce lundi sans heurt.

Dans un tweet, le député Claudel André Lubaya, membre du Rassemblement, a trouvé une métaphore aéronautique pour résumer la situation : « l’avion Cenco, vers un crash ».

Les Evêques vont-ils sortir un miracle de la dernière minute ? Réponse ce soir.