Ils étaient attendus et ils ont répondu présents. Près de deux mois après la signature de l’accord dit de la Saint Sylvestre, les évêques membres de la Cenco ont tapé du poing sur la table. Dans un communiqué lu lundi à la presse, le secrétaire général de la Cenco Donatien N’Shole a appelé le chef de l’État Joseph Kabila à s’impliquer davantage « dans l’application de l’accord en général et dans le processus de nomination du premier ministre en particulier ».

Un message adressé également à toutes les composantes, Majorité présidentielle, Rassemblement et Société civile que les prêtres invitent à « être sensibles aux cris de détresse du peuple », a interpellé la Cenco dans ce communiqué.

« C’est le peuple qui va prendre son pouvoir »

Sous un ton beaucoup plus offensif, au sujet des attaques qui ont visé ces dernières semaines les lieux de culte de l’église catholique, l’abbé N’shole a accusé, sans le nommer, le pouvoir, de manœuvrer pour gagner du temps. « Nous redoutons une éventuelle planification de ces violences, dans le but de retarder les élections », a lancé le très combatif Monsieur l’abbé.

Interrogé par la suite sur le fameux plan B promis par la Cenco si rien n’avance d’ici là. Donatien Nshole n’y a pas répondu directement. Mais son appel aux Congolais ne laisse aucun doute sur la forme que devrait revêtir cet éventuel recours : « Nous demandons au peuple de se mettre debout…finalement si on joue trop, c’est le peuple qui va prendre son pouvoir », a-t-il precisé.

Singé le 31 décembre 2017, l’accord conclu sous de la Cenco est censé permettre au pays de mettre en place une transition et d’organiser les élections à la fin de l’année. Mais depuis, une série de blocage entrave la mise en œuvre de ce difficile compromis.