Par CAS-INFO

Le président chinois Xi Jimping est devenu le weekend dernier Président à vie du pays. Cela fait suite à une réforme du Parti communiste chinois qui supprime la limite des mandats présidentiels, jusque-ci fixés à deux et donne à l’actuel chef de l’État les clés pour rester au pouvoir jusqu’à la fin de ses jours sur terre.

Ces changements institutionnels inédits sont l’œuvre de Xi Jimping lui-même, qui a réussi à faire inscrire ses idées dans la constitution, explique Anyck Beraud, correspondante de Radio Canada à Pékin. Arrivé au pouvoir en 2012, l’ancien Secrétaire général du PCC rêve de redonner à la Chine sa grandeur. Cela devait donc passé par l’acquisition des pouvoirs absolus. Voilà qui est fait. Avec ses nouveaux pouvoirs, l’homme fort de la Chine contrôle désormais tout. De l’armée à l’administration en passant par les finances publiques.

Une aubaine pour l’autoritarisme en Afrique ?

Ce retour du nouveau Mao a-t-il de quoi inquiéter les défenseurs de l’alternance démocratique au pouvoir en Afrique ? Une chose est sûre. La révolution du « Xi dada », oncle Xi, comme l’appellent les Chinois, tombe au plus mal pour plusieurs régions du monde, notamment, l’Afrique, engluée dans les crises constitutionnelles dans plusieurs pays : Rwanda, RDC, Congo, Burundi. Pour ne citer que ces exemples des Grands Lacs.

L’argument du « pouvoir fort au profit du développement » trouve généralement échos auprès des dirigeants africains accusés de s’accrocher indéfiniment au pouvoir. En conférence de presse en janvier dernier, le président congolais, Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001 et toujours en poste malgré l’expiration de son mandat en 2016 se demandait ainsi si ce qui importait pour son pays était plutôt le développement ou la démocratie. Au Burundi, le président Pierre Nkurunziza s’est quant à lui vu bombardé, samedi, « Guide suprême éternel » de son parti. Alors qu’il ne cache pas sa volonté de rempiler pour un 4e mandat controversé. Sans oublier Denis Sassou N’guesso, réélu au Congo Brazzaville en 2016, après avoir révisé la constitution. Ou encore Paul Kagamé, assuré de rester à la tête du Rwanda jusqu’en 2034 à la suite d’une reforme de la loi fondamentale qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive.

Ces différents régimes ont, en plus, en commun, le fait d’entretenir des relations privilégiées avec la Chine, auteure de grands travaux et constructions des bâtiments officiels à Kinshasa, Brazzaville ou à Bujumbura. Alors, Xi Jimping au pouvoir pour l’éternité, une bonne ou une mauvaise chose ? Ce n’est pas la réponse de Donald Trump qui arrangera les affaires des anti-présidence à vie. « Être président à vie est une idée géniale », acclame le chef de la Maison Blanche. Ce n’est pas tombé dans les oreilles des sourds.