Par CAS-INFO

La réponse formelle du gouvernement congolais a mis du temps à venir. Elle est arrivée ce jeudi, par la bouche de la ministre des Droits humains. Au cours d’une conférence de presse à l’hôtel du gouvernement, Marie-Ange Mushobekwa a rejeté sans ambages toutes les accusations de Human Rights Watch, qualifiant le rapport de l’ONG américaine de « ridicule » et « grossier ».

Pour la ministre, le gouvernement qui dispose déjà d’une armée et d’une police bien équipées ne peut avoir besoin de recruter des combattants du M23, « mal entrainés, mal équipés et surtout affaiblis [car] mal nourris », a-t-elle ironisé.

« Le gouvernement ne peut pas recruter par la force puis les forcer de réprimer les manifestants », a soutenu l’ex journaliste qui déplore un rapport « contradictoire ».

Marie-Ange Mushobekwa s’en est également prise à la directrice Afrique de Human Rights Watch, Ida Sawyer, dont elle dénonce l’« acharnement » sur le gouvernement congolais et le « lynchage » du chef de l’État, « parce qu’on avait refusé de renouveler son séjour en RDC », a-t-elle suggéré. Depuis le non renouvellement de son visa, fin 2016, la chercheuse américaine opère en effet depuis les États-unis ou l’Europe, en s’appuyant sur ses réseaux locaux.

Les accusations de l’Organisation de défense des droits de l’Homme ont déjà fait réagir à la fois les Nations unies, d’autres ONG de droits de l’Homme et la classe politique congolaise, qui réclament toutes une enquête internationale et des sanctions.

Selon HRW, plus de 200 ex combattants du M23 ont été recrutés en 2016 depuis les camps de réfugiés de l’Ouganda et du Rwanda afin de « protéger Kabila et d’étouffer les manifestants anti Kabila ». Des allégations donc rejetées par Mushobekwa et le gouvernement congolais.