C’était l’une des dernières cartes de la diplomatie congolaise : la participation au 29e sommet d’Addis Abeba après une longue absence, suivie de l’offensive à Bruxelles contre les sanctions. Mission réussie au siège de l’Union africaine où les chefs d’États se sont montrés solidaires face à des sanctions « injustes » et « unilatérales » imposées aux personnalités proches de Joseph Kabila.

En revanche, à Bruxelles, Kinshasa a pu compter sur le talent diplomatique de Léonard She Okitundu pour transformer un camouflet en une situation d’équilibre des forces entre la RDC et l’Union européenne.

Par la voix du vice-ministre des affaires étrangères, Kinshasa a réitéré à Bruxelles, « sa révulsion » envers ces mesures restrictives « dites sanctions », qui ne respectent pas les grands principes du droit international, a expliqué le ministère des affaires étrangères dans un communiqué. Selon ce document, Léonard She Okitundu aurait même fait valoir la capacité de la RDC à appliquer le principe de réciprocité.

Pas de quoi faire trembler l’Union européenne et Federica Mogherini. « Elle a insisté sur le fait que la tenue des élections transparentes et démocratiques dans les plus brefs délais représent[ait] le moyen de sortir d’une impasse politique aux graves retombées sécuritaires, économiques et humanitaires », a indiqué de son côté l’Union européenne tout en soulignant sa disponibilité à discuter des options d’appuyer le processus électoral, « à partir de la définition du calendrier ».

Le résultat au bout d’une séquence diplomatique intense, c’est le statu quo. L’Afrique reste solidaire, et l’Europe maintient ses sanctions conditionnant même leur éventuelle levée à la tenue des élections. Pire, la liste des pays ayant accepté d’appliquer ces mesures restrictives prises le 29 mai dernier s’est alourdie. Mardi, plusieurs pays européens candidats à l’Union européenne se sont, en effet, engagés à harmoniser leurs politiques nationales avec lesdites sanctions.

Si d’Addis Abeba à Bruxelles, les cartes postales ont été parfaitement réussies, le compte politique, lui, semble ne pas être à la hauteur des attentes des autorités congolaises. À la veille de la visite cruciale d’une délégation du FMI à Kinshasa, les conditions posées par Bruxelles risquent de peser fortement dans la balance.