Par CAS-INFO 

Ce fut l’image forte d’un Joseph Kabila en pleine tourmente à la fin de 2016, dernière année officielle de son mandat à la tête du pays. Le 26 septembre 2016, alors que l’Opposition le soupçonne de vouloir se maintenir au Pouvoir au-delà du 20 décembre, le chef de l’État pose au Vatican avec le Pape François. L’entente est cordiale entre les deux dirigeants. Un message de paix est envoyé dans la case RDC qui menace de s’embraser.

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Qu’elle est loin, cette complicité, cette simple attention, que le Saint Siège confia avoir prêtée « aux sérieux défis posés par la situation politique en RDC ». Plus d’un an après. Place à la colère particulière ? Alors que les relations entre Kinshasa et le Vatican sont sérieusement menacées de détérioration, la question se pose, avec inquiétudes, pour certains, dans les états-majors politiques congolais. Et pour cause, la répression violente de la marche des Chrétiens catholiques le 31 décembre dernier par les forces de sécurité (entre 5 et une dizaine de morts), qui a suscité une vague d’indignation, y compris du Pontificat.




Jusque-là mesurée et poussant régulièrement les parties congolaises au dialogue, la hiérarchie de l’Église Catholique au cœur de Rome a, pour la première fois manifesté des signes d’impatience. Par la bouche de sa représentation dans la capitale congolaise, le Vatican a apporté samedi son soutien au Comité laïc de coordination, qui défie le pouvoir en place à Kinshasa. Assurant même, dans un message adressé aux Évêques du pays, et au regard de la « popularité » de la manifestion du 31 décembre, « qu’il était probable que d’autres initiatives seront organisées dans les prochains mois ». Difficile de ne pas voir dans cette suggestion un soutien clair de la Haute hiérarchie de l’Église Catholique à la contestation en cours contre le Président congolais.

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Preuve que ce nouveau positionnement de la plus puissante Église chrétienne du monde dans la crise politique congolaise est pris très au sérieux par l’entourage de Joseph Kabila, dans un tweet, dimanche, le directeur de Cabinet adjoint du chef de l’État se demandait si le Saint Siege voulait une « guerre civile » en RDC. « Aidez les Congolais à s’entendre et non à s’affronter », a plaidé, Jean Pierre Kambila. La veille, le Représentant du Pape, Mgr Montemayor, avait appelé les circonscriptions ecclésiastiques du pays à « se préparer aux éventuelles adhésions ». Des [Congolais aux nouvelles manifestations].

Si des cadres du Pouvoir n’hésitent pas à accuser le Haut sommet de l’Église catholique de vouloir diviser le pays, l’idée pour le Vatican est de ne pas laisser admettre que l’on peut s’en prendre à des fidèles et temples catholiques dans un coin du monde sans aucune réaction.

Pas de crise ouverte pour l’instant entre les deux parties mais des sérieux signaux d’alarmes qui méritent d’y accorder une attention sincère. Après le report sine die de la visite du Pape en RDC depuis Septembre 2016 et aujourd’hui ce soutien explicite aux anti-Kabila…, ça commence à faire beaucoup.