Par CAS-INFO

L’opposant congolais, en exil, Moïse Katumbi, traverse des moments durs. Très durs. Déjà dans le collimateur du pouvoir au sujet de sa supposée et encombrante nationalité italienne, l’ancien gouverneur du Katanga a sans doute lu, jeudi, avec dégout, les révélations de Jeune Afrique, à ce sujet.

Dans une enquête coup de massue, le site du magazine français rapportait ainsi – avec détails – que le candidat déclaré d’ENSEMBLE à la présidentielle de décembre 2018 avait « bel et bien » acquis la nationalité de la péninsule européenne, en 2000, avant d’y renoncer en 2017. De quoi le disqualifier de la course présidentielle, suivant la constitution congolaise. Un Katumbi empêché, c’est tout le jeu qui s’ouvre au sein d’une opposition qui ne manque pas d’arguments ni de prétendants au trône. On fait le point.

Kamerhe et Félix, les favoris 

En cas d’absence du président du TP Mazembe, ils seront d’abord deux à attirer toutes les attentions : Vital Kamerhe et Félix Tshisekedi. Après avoir traversé son chemin de la croix, rythmé par des aller-retour entre le dialogue du camp Tshatshi et celui de la Cenco, le président national de l’UNC a amorcé depuis plusieurs mois la réhabilitation de son image d’« animal » politique qu’il est. Résistant face à l’aversion de ses détracteurs qui ne lui ont jamais pardonné sa « trahison », l’ancien président de l’assemblée nationale, aujourd’hui au cœur des manoeuvres d’une grande coalition UNC-MLC-UDPS, en gestation, avance ses pions. En silence.




Lui, n’a pas d’expérience, ni de « CV » alléchant. Mais il a un nom. Dans quelques jours, Félix Tshisekedi sera, sauf cataclysme, le prochain président de l’UDPS et successeur de l’immense Étienne Tshisekedi décédé l’an dernier. Autrement dit, un atout incontournable pour revendiquer la légitimité d’incarner le changement. « Nous ne nous sommes pas battus pendant 30 ans pour laisser la place à un autre », ne cessait de répéter le Sphinx de Limete. Après avoir possiblement hérité de la première formation politique de l’opposition (du pays ?), le fils boudera-t-il le plaisir d’emprunter également cette formule choc à son « immortel » de père ? On le saura certainement dans les prochaines semaines.

Muzito, Fayulu, Matungulu, les outsiders

En dehors de deux poids lourds de l’UNC et de l’UDPS, le choix d’un candidat unique de l’opposition pourrait réserver bien de surprise. Aux côtés de VK et de Fatshi, d’autres noms et non de moindre revendiquent leur place. Après avoir fusillé le gouvernement, des mois durant, à coup des tribunes publiées dans la presse, l’ancien Premier ministre Adolph Muzito a passé un cap ces dernières semaines en demandant à son parti, le Palu, de quitter les institutions. Tout en s’affichant lui-même au cœur de la stratégie d’alliance entre le parti d’Antoine Gizenga et le MLC. Ancien inspecteur des finances, puis ministre du budget avant de poser ses valises à la Primaire en 2008, Muzito, qui croit disposer des clés pour relancer l’économie du pays se verrait bien défendre ce projet au nom de l’opposition en décembre prochain. Un profil que pourrait bien lui disputer Freddy Matungulu, l’autre économiste de l’opposition, qui n’a jamais caché ses ambitions présidentielles. Tout comme le député Martin Fayulu. Le président de l’Écidé, candidat déclaré de longue date, à la présidentielle, maintient la ligne dure contre le régime de Joseph Kabila. Rien ne dit qu’il vendra au prix dérisoire sa peau.

Une chose est sûre pour l’opposition congolaise, en l’absence de Moïse Katumbi, qui cristallise[ait] les passions depuis le début de la crise politique, les options ne manquent pas. Toutes, y compris celle de l’ex gouverneur du Katanga. Qui n’a sans doute pas dit son dernier mot.