Les médias angolais n’ont d’yeux que pour lui. À 63 ans, João Lourenço brigue la présidence de l’Angola pour succéder au, enfin, déboulonnable, Eduardo Dos Santos. Au cœur de la présidentielle du 23 Août 2017, deux enjeux : le développement économique de l’Angola et la sécurité régionale.

Ce jeudi, le candidat du MPLA a parlé aux entreprises du pays, invitées à relever le défi du développement du géant de la région des Grands Lacs.

« Le plus grand défi qui nous attend est de bâtir une économie forte, diversifiée et stable grâce à la mise en œuvre des meilleures politiques pour diversifier l’économie, le remplacement du pétrole comme la principale source de revenus du pays », a expliqué celui qui est encore ministre de la défense.

A ce titre, justement, le candidat a fait valoir la paix obtenue en 2002 [avec la victoire du MPLA sur l’UNITA de Jonas Savimbi, Ndlr] qui est le produit le plus précieux après l’indépendance, car « elle a permis la consolidation de la cohésion nationale et la stabilité politique du pays », s’est-il félicité.

Cette paix, le possible futur président angolais veut la transporter au-delà de la frontière angolaise pour que la région des Grands Lacs « cesse d’être le théâtre des violences pour devenir une zone de croissance, du développement économique et social, et de l’harmonie entre ses habitants », a-t-il exhorté mercredi à ses homologues de la région réunis à Loanda dans le cadre de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs présidée depuis deux ans par l’Angola.

Quelles relations avec la RDC ?

Pour João Lourenço, la paix de la région passe par la stabilité de la RDC. Touchée par l’afflux des réfugiés Congolais qui fuient la violence dans les régions du Kasaï, l’Angola fait de la situation chez son grand voisin la préoccupation de tous.

Ainsi, le ministre de la défense appelle à la coordination des efforts afin de chercher les voies et moyens de prévenir le conflit en République démocratique du Congo qui affecte, selon lui, toute la région des Grands Lacs.

Au centre de tous les commentaires, notamment en RDC où certains n’hésitent pas à l’imaginer porter les habits du gendarme de la région, João Lourenço entend, en revanche, apporter une nouvelle doctrine basée sur l’encouragement au dialogue dans les crises internes.

C’est ce que le candidat explique le 18 mai dernier depuis le Pentagone où il venait de signer avec les Etats unis une entente de renforcement de la coopération militaire. Un instrument par lequel Washington ne cache pas sa volonté de faire de l’Angola le faiseur de paix dans la région.

« Nous sommes engagés à essayer d’aider les pays des Grands Lacs pour qu’ils trouvent la paix dont ils ont besoin, en particulier la RCA, qui vit une situation d’instabilité qui dure depuis plusieurs années, la RDC, mais aussi le Burundi », avait alors commenté João Lourenço.

Mercredi, lors d’une réunion des chefs d’États-majors des pays concernés, à Loanda, le Général Nunda, chef d’États-majors des FAPA (Forces armées populaires de l’Angola) rappelait que l’Angola qui vient de terminer son mandat de membre non permanent au Conseil de sécurité des Nations unies continuait à plaider en faveur de la résolution des conflits internes par le dialogue, la conciliation, la médiation et la négociation, et jamais la confrontation violente.

Certainement, ce à quoi ressemblera le visage de la politique régionale de l’archi favori de la présidentielle en Angola.