Par CAS-INFO

Nikki Haley est à peine partie que les langues se délient autant du côté de la Majorité présidentielle que de l’Opposition. Au milieu de ces feux croisés, une échéance, fixée par l’ambassadrice des États-Unis à l’ONU pour les élections : 2018.

Ainsi, le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende rouspéctait vendredi soir, qu’il ne revenait pas à « un gouvernement étranger de fixer un calendrier électoral, mais à la CENI ». Sceptique, elle aussi, même l’Opposition, à l’image de Claudel Lubaya, ne croit pas au plan Haley. Le président de l’UDA assure respecter la proposition des États-Unis, mais pour lui, la « volonté » du peuple congolais est de voir Joseph Kabila « quitter » le Pouvoir le 31 décembre 2017.

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Claudel Lubaya reste donc prudent. Sans doute, avec raison, vue la réalité en face. Elle se résume en deux mots : les institutions. Joseph Kabila a beau été bousculé par la visite houleuse de Haley. Il n’en demeure pas moins le maitre des horloges. Comme le ministre des affaires étrangères Leonard She Okitundu n’a d’ailleurs pas tardé à le démontrer. « On ne peut pas décréter une date pour organiser les élections. On organise les élections en tenant compte de tous les paramètres techniques, logistiques et financiers », a déclaré le chef de la diplomatie congolaise samedi sur RFI en demandant ironiquement à Nikki Haley de donner si elle l’a, « une recette magique ». Autrement dit, le gouvernement congolais a un agenda et compte bien s’y tenir.

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Car si Joseph Kabila semble avoir épuisé toutes ses cartes : dialogues, répression, exil et emprisonnement des opposants, il lui reste encore le solide pilier institutionnel. La première de ces institutions, qui se veut incontournable, s’appelle la Commission électorale nationale indépendante. Elle est aujourd’hui l’Alpha et l’Omega des élections. C’est elle qui enrôle les électeurs, à son rythme (Un an et 3 mois pour l’ensemble du pays hormis le Kasaï, et désormais 3 mois prévus pour inscrire les électeurs Kasaïens sur les listes électorales). C’est aussi la CENI qui décrète en juillet 2017 et de manière unilatérale, l’« impossibilité » de tenir les élections en 2017. Avant de lancer, mi-octobre, les fameux 504 jours qu’il lui faut pour envoyer les Congolais aux urnes.

Outre la CENI, l’Assemblée nationale doit voter des lois importantes – répartition des sièges, fonctionnement du Conseil national du suivi de l’accord (CNSA) –  indispensables à l’organisation des élections. Et rien ne dit qu’au Palais du peuple, on appuiera de sitôt sur l’accélérateur. Fort de ce doute, l’Opposition insiste sur l’idée d’évincer Joseph Kabila de la séquence de l’après 31 décembre, seule possibilité argumente-t-on à Limete, pour un processus « sûr ». Un énorme défi, aussi.