Les critiques des puissances occidentales sur le pouvoir burundais n’ont aucune incidence sur le régime de Pierre Nkurunziza. C’est le moins qu’on puisse dire deux ans après l’éclatement de la crise née de la candidature du chef de l’État en avril 2015. Bujumbura a surtout le sourire après la visite hier jeudi du vice-président chinois, reçu « fraternellement » par le président de la république.

« Le chemin que le Burundi doit emprunter doit être décidé par le peuple Burundais lui-même », a déclaré Li Yuanchao au cours d’une conférence prenant le contre-pied des puissances occidentales plutôt interventionnistes dans la crise qui a secoué le pays.

Pour la Chine, il s’agit de ménager un partenaire bilatérale important. Axée sur la santé, l’éducation, la sécurité et surtout l’agriculture, la coopération entre les deux pays reste intense. Les experts agricoles burundais sont régulièrement formés à Pékin et chaque année, le gouvernement chinois octroient des bourses aux jeunes étudiants Burundais et présentement, la Chine construit le Palais présidentiel à Bujumbura.

La situation au Burundi reste fragile après deux ans de crise. Fragiles également, les relations entre les autorités et l’opposition en majorité en exil. Selon le HCR, plus de 400.000 burundais ont fui les pays ces derniers mois pour trouver refuge en RDC, en Tanzanie et au Rwanda. Le lundi dernier, le Secrétaire général des Nations unies a désigné l’ancien président de la transition au Burkina Faso comme son envoyé spécial pour le Burundi. Michel Kafando a la lourde tâche de relancer le dialogue.