Par CAS-INFO

La polémique sur l’invalidation des passeports biométriques tourne à la « défiance ». Invité à s’expliquer de nouveau ce vendredi sur une mesure qui divise la société congolaise par l’invalidation, à partir de Janvier 2018, les passeports semi-biométriques, le ministre des affaires étrangères Léonard She Okitundu a rejeté toute demande de retrait de sa décision controversée en continuant à plaider les raisons sécuritaires et de conformité avec les normes internationales.

Inacceptable, pour Juvénal Munubo. Auteur de la question orale, l’élu de Walikale a décidé de transformer son interpellation en motion de défiance. Autrement, dit, se basant sur les articles 30 et 93 de la Constitution, violées en l’état, le député UNC réclame désormais la tête de l’un des puissants ministres de Joseph Kabila.

« J’ai décidé avec, les collègues députés, de déposer incessamment, en vertu de l’article 136 de la Constitution et 209 du Règlement Intérieur, une motion de défiance Je voudrais lui répéter [à She Okitundu] qu’il n’existe aucune spécification de l’OACI qui concerne le passeport semi-biométrique congolais. Le critère majeur au niveau de l’espace international, c’est la lisibilité du passeport à la machine suivant l’exigence des NTIC », a soutenu le député évoquant l’utilisation des passeports biométriques toujours en cours dans des nombreux pays comme la France.

Mais difficile d’imaginer ce député, qui plus est, de l’opposition, parvenir à faire chuter un ministre aussi important du dispositif du régime Kabila.

Juvénal Munubo aura au moins eu le mérite de mettre en accusation le gouvernement devant l’opinion nationale en grande majorité opposé à l’idée de déclarer invalides les passeports biométriques.

Passeportgate, Scandale des passeports, Passeportspapaers, les affaires liées au passeport congolais ont provoqué une vague d’indignation en pleine crise politique. Certains n’ont pas hésité à soupçonner le gouvernement d’instrumentaliser le document de voyage pour tenter de coincer l’opposition.