Par CAS-INFO

La visite de Nikki Haley à Kinshasa continue à faire réagir y compris aux États-Unis. Dans un blog publié lundi, l’ancien conseiller Afrique au département d’État, Herman Cohen, livre son analyse de cet événement, qui constitue, peut-être, un tournant dans la crise politique que traverse la RDC. Ses critiques surtout, écrit-il, à la lecture qu’en ont fait certains intellectuels congolais.

Immédiatement après le départ de l’ambassadrice Haley de la RDC, la presse congolaise et internationale a fait état d’une grande déception parmi les intellectuels congolais et un certain nombre de personnalités politiques, qui l’ont accusé d’avoir aidé le président Kabila à prolonger son séjour au pouvoir, aussi longtemps que possible, bien au-delà de l’expiration de son mandat constitutionnel le 31 décembre 2016, observe Herman Cohen.




Pour lui, cette critique est totalement erronée et démontre un manque de compréhension de la part des critiques congolais quant à la manière dont la diplomatie américaine et les relations internationales fonctionnent.

« Il aurait été ridicule et contreproductif pour l’ambassadrice Haley de se rendre en RDC pour la première fois et de se présenter devant la presse et de déclarer: Kabila doit partir au plus tard le 31 décembre 2017 », ironise l’ex monsieur Afrique de Washington, qui argumente qu’une telle déclaration aurait constitué un coup d’arrêt « formel » dans les relations diplomatiques entre les États-Unis et la RDC. Il estime par ailleurs que les États-Unis auraient même perdu toute capacité d’influencer le régime de Kabila et de protéger leurs intérêts politiques et économiques dans le pays.

Et de rappeler que l’ambassadrice Haley a eu une réunion privée de deux heures avec le président Kabila. « Nous ne savons pas ce qu’elle lui a dit, mais je suis tout à fait sûr qu’elle [lui] a adressé de très forts avertissements au nom du président Trump », suggère-t-il.

Pour Herman Cohen, la déclaration publique de Nikki Haley appelant à des élections en 2018 constitue un « véritable » ultimatum. « Si le gouvernement américain ne voit pas de préparation sérieuse pour l’organisation des élections en 2018, il ne fait aucun doute que les sanctions actuelles contre les responsables du gouvernement de Kabila seront étendues et intensifiées. Des individus de plus en plus haut placés seront ciblés – jusqu’au niveau le plus élevé ».