Par CAS-INFO

Le CLC est de retour. Après avoir observé une trêve de plus d’un mois, le comité laïc de coordination a annoncé mardi avoir mis fin au silence qu’il s’était imposé après les manifestations de janvier et de février violement réprimées par les forces de sécurités. Une initiative qui visait à donner une chance à l’aboutissement pacifique du processus électoral. Particulièrement à travers la mise en œuvre des mesures de décrispation politique décidées dans l’accord de la Saint Sylvestre.

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Plus d’un mois après, retour à la case de départ. Car c’est bien la logique de la rue qui devrait bien l’emporter. Si l’on en croit le ton du communiqué de l’association affiliée à l’Église Catholique. Préoccupé par l’avenir du pays qu’il juge « plus que sombre parce qu’incertain », le CLC redoute que le calendrier de la CENI qui fixe les élections au 23 décembre 2018 ne soit pas finalement respecté. En cause, plusieurs griefs, que l’organisation contestataire a retenu contre les autorités et la CENI : l’obstination de celle-ci à utiliser la machine à voter malgré le fait que le dispositif électronique proposé est décrié de toutes parts et les mesures de décrispation politique qui continuent, selon le CLC, à souffrir d’absence d’application.

« À trois mois d’ouverture des bureaux de réception et de traitement des candidatures pour la réception des candidatures présidentielles et de députés nationaux, aucun opposant emblématique n’a été libéré, aucun exilé politique n’a pu rentrer au pays [et] aucun contentieux de dédoublement des partis politiques n’a été vidé […] », déplore le CLC faisant notamment référence à l’ancien gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, l’un des candidats sérieux à la présidentielle, qui reste toujours coincé à l’extérieur du pays.

De quoi convaincre le CLC de deux scenarios possibles dans les jours à venir : soit, croit-il, le gouvernement et la CENI repoussent les échéances électorales à des nouvelles dates hypothèques en prenant prétexte des difficultés opérationnelles et logistiques, soit alors les deux instances conduisent le pays aux élections sans mesures préalables ni garantie de transparence et de crédibilité. Pour le CLC, ni l’un ni l’autre ne devra passer. Raison pour laquelle il interpelle le chef de l’État l’invitant à « changer le cours de l’histoire ». Car « nous n’accepterons jamais cette situation et nous ne baisserons pas les bras », prévient l’association qui annonce dans la foulée la fin de sa trêve. Pas de doute que la suite sera la rue. Dans les prochains jours.