Par CAS-INFO

L’Opposition congolaise tente de s’organiser pour former un front commun face au président Kabila. En témoigne cette réunion de Bruxelles le weekend dernier, sanctionnée par une photo, diffusée sur les réseaux sociaux et sur laquelle se sont affichés, côte à côte, l’ex gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, le numéro un de l’UNC, Vital Kamerhe, et Félix Tshisekedi, notamment.

« Nous avons décidé, en mettant nos egos et nos ambitions de côté, de créer une synergie […] qui a pour objectif d’imposer au président Kabila les élections », a expliqué Vital Kamerhe, dont la présence constitue pourtant une véritable pierre d’achoppement auprès des autres membres du Rassemblement. Parmi ceux-ci, Martin Fayulu. Le président de l’Écidé est en effet monté au créneau à deux reprises en l’espace de 48 heures pour dénoncer la réconciliation en cours avec l’ancien président de l’assemblée nationale.

Après avoir refusé, samedi, de se laisser « berner » par des « aventuriers », ces gens « qui participent à des réunions secrètes avec Mr Kabila », Martin Fayulu est revenu à la charge dimanche lors d’une adresse au Conseil national de l’Écidé. Le député de la Lukunga a appelé les Congolais à se [concentrer] sur « notre adversaire qui est contre la démocratie », Joseph Kabila, et à ne pas perdre le temps à suivre ces « Mbororos politiques qui sont à la recherche de pâturage pour se nourrir, et en même temps, alimenter la mouvance Kabiliste ». L’allusion est clairement faite au président de l’UNC dont le retour dans la grande famille de l’opposition se précise de plus en plus.

Les relations entre les deux hommes n’en finissent ainsi pas de se détériorer. Alors que le dialogue de la Cité de l’Union Africaine, boycotté par les principaux partis de l’opposition, notamment, le Rassemblement et l’UNC, piétinait, fin 2016, la défection de Vital Kamerhe pour rejoindre le camp Tshatshi, contribua à affaiblir les opposants les plus redoutables à Joseph Kabila. Une pilule qui passe toujours mal. Un an après.