La crise politique en République démocratique du Congo doublée de ramifications sécuritaires inquiète aux États-Unis. Jusqu’au plus haut niveau de la première puissance du monde. Après une intense activité diplomatique à l’Onu ces dernières semaines, le comité des affaires étrangères du congrès américain exprime à son tour sa préoccupation et le fait savoir au département d’État.

Dans une lettre datée du 2 août 2017 dont CAS-INFO s’est procurée une copie, le président de ce comité, Edward Royce, exhorte le Secrétaire d’État Rex Tillerson à accroitre l’engagement des États-Unis « afin d’aider à résoudre cette crise et à mettre fin aux violences ».

« Tous, la chambre des représentants et le Senat, avons adopté des résolutions l’automne dernier appelant à une transition pacifique en RDC dans le respect de la Constitution, qui interdit au Président Kabila de se représenter pour un 3e mandat », écrit le chef de la commission rappelant que les deux chambres étaient d’accord sur le fait que Joseph Kabila devait céder le pouvoir au profit d’élections libres et démocratiques.

« Ainsi que le reconnaissent ces résolutions, les États-Unis ont beaucoup d’intérêts dans la stabilité de ce pays, en raison de sa taille, sa position centrale en Afrique et son économie diverse. C’est pour cette raisons que les administrations successives ont soutenu la plus grande opération de maintien de la paix de l’ONU », a-t-il ajouté.

Ed Royce est connu pour sa position ferme sur la crise en RDC, en Juin dernier, il avait refusé de rencontrer une délégation de Joseph Kabila conduite par l’ancien ministre des Affaires étrangères Raymond Tshibanda fustigeant les « excuses » à répétition du chef de l’État pour ne pas organiser les élections.

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Dans sa correspondance à Tillerson, il revient à la charge en dénonçant le « refus » du chef de l’État de quitter le pouvoir causant l’échec de l’accord de la Saint Sylvestre.

Tout cela, dans un contexte des violences au Kasaï et au Kivu, s’inquiète-t-il.