C’est un rapport inquiétant que vient de rendre public le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCHD) ce vendredi. D’après ce document, la violence qui sévit dans la région du Kasaï, en République démocratique du Congo, semble prendre une dimension ethnique croissante inquiétante.

Selon les informations recueillies dans la région par les enquêteurs du HCDH, 251 personnes ont été victimes d’exécutions extrajudiciaires et d’assassinats ciblés entre le 12 mars et le 19 juin 2017, notamment 62 enfants, dont 30 âgés de moins de 8 ans. Des personnes tuées en raison de leur appartenance ethnique, d’après les témoignages des survivants et des réfugiés qui ayant fui vers l’Angola.

« Témoignages peu crédibles et non vérifiés »

Pour le HCDH, ces abus et ces violences pourraient constituer des crimes au regard du droit international. « Les survivants ont évoqué les cris de personnes brûlées vives, la vision de leurs proches traqués puis abattus, et leur propre fuite, terrorisés. Ces bains de sang sont d’autant plus terrifiants que, selon les indications que nous avons recueillies, il semblerait que les populations sont toujours plus souvent ciblées en raison de leur appartenance ethnique », a déclaré le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Al Hussein.

Dans un communiqué et par la voix de son porte-parole, le Gouvernement congolais a réagi à ces allégations en mettant en cause la neutralité de leur auteur de qui la RDC attend, depuis le 27 juillet dernier, la réaction sur les termes de référence devant régir la collaboration entre les 3 experts de l’ONU désignés récemment et les autorités congolaises

« Vu ce qui précède, la Gouvernement congolais a donc jugé prématuré et inopportun, à ce stade, de publier un quelconque rapport sur les témoignages peu crédibles, non vérifiés et recueillis unilatéralement par la Haut-commissaire aux droits de l’Homme ayant fui la crise au Kasaï », indique le communiqué signé par Lambert Mende qui ajoute que pareille démarche renforçait les soupesons « quant à la neutralité de Zeid Al-Hussein et la volonté des certaines puissances hostiles à vouloir instrumentaliser ce dernier pour déstabiliser les institutions congolaises ».