Par CAS-INFO

L’Organisation de défense de droits de l’homme, Human Rights Watch, estime que le nouveau pouvoir en Afrique du Sud peut aider la RDC à trouver sa stabilité. La directrice Afrique de l’ONG, Ida Sawyer, l’a affirmé à Johannesburg, à l’occasion d’une table ronde sur la crise politique, électorale et la situation de droits de l’homme en RDC, coorganisée par l’organisme américain et l’EISA, l’institut électoral pour une démocratie durable en Afrique.

« Le gouvernement sud-africain et la région de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) – désormais présidée par l’Afrique du Sud – peuvent jouer un rôle crucial en contribuant à apporter une paix durable, une stabilité et un respect accru des droits humains dans ce vaste pays d’Afrique centrale. », a plaidé Ida Sawyer, au cours de son intervention.

Pour la chercheuse americaine, déclarée persona non grata par le gouvernement congolais, les possibilités qu’une RD Congo stable pourrait offrir au peuple congolais et à la région au sens large sont faramineuses.

S’appuyant sur les immenses richesses dont le regorge le pays, Ida Sawyer a expliqué à l’assistance à quel point le continent tout entier pourrait profiter d’un retour de la paix dans le plus grand pays de l’Afrique centrale. « Pourtant, malgré ces richesses, la RD Congo est l’un des pays les plus pauvres de la planète. Dix enfants sur cent y meurent avant d’avoir atteint l’âge de cinq ans, et plus de 40 pour cent ont un retard de croissance en raison d’une malnutrition. La gouvernance déficiente et les exactions de grande ampleur perpétrées par des groupes armés et des membres des forces de sécurité congolaises – renforcées par une impunité généralisée et des luttes pour le contrôle des ressources considérables du pays – ont freiné le développement du pays et fait d’innombrables victimes. », a-t-elle déploré.

Sur le plan politique, la directrice Afrique centrale de Human Rights Watch a exprimé ses inquiétudes sur une possible non tenue des élections de 2018, après le report de celles de 2016 et de l’échéance de 2017.

« La principale question qui se pose désormais est la suivante : que faire aujourd’hui pour convaincre Kabila de cesser de trouver des prétextes, d’accepter de respecter la constitution et de se retirer, et permettre l’organisation d’élections crédibles – avant que d’autres Congolais ne soient tués, blessés ou emprisonnés alors qu’ils cherchent à exercer leurs droits humains fondamentaux pour manifester, s’exprimer et s’associer librement de façon pacifique, et avant qu’une nouvelle flambée de violence de grande ampleur ne pousse de nouveaux réfugiés à franchir les frontières congolaises ? », s’est-elle interrogée estimant qu’isolé à l’échelle international, le président congolais bénéficiait toujours du soutien de la région.

« La nouvelle présidence du Sud-Africain Cyril Ramaphosa offre une opportunité importante de réorienter la politique régionale au profit de la RD Congo. Le gouvernement sud-africain et la SADC d’une manière plus générale pourraient soutenir les aspirations du peuple congolais en matière de démocratie et de droits humains, et contribuer à empêcher une aggravation de la violence et de l’instabilité en adoptant une position forte consistant à exhorter Kabila à agir dans le respect de la constitution de son pays et à permettre une transition pacifique vers un nouveau dirigeant élu. », a exhorté M. Sawyer.