Comme prévu, le parti du jeune président français Emmanuel Macron a remporté dimanche la majorité absolue à l’assemblée nationale. Même si la droite résiste cette fois-ci avec une centaine de sièges, mieux que le Parti socialiste (une trentaine), c’est bien une vague violette qui va déferler sur le palais de Bourbon. Après avoir balayé Marine Le Pen à la présidentielle du 7 Mai, le chef de l’État dispose désormais d’une nette majorité pour pouvoir mettre en œuvre son programme.

En dehors des enjeux franco francais où l’on va continuer à s’interroger sur le taux de participation historiquement bas (56,6% d’abstention) et où la nouvelle majorité va se mettre au travail face à quelques rescapés du phénomène Macron – les Jean Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Éric Woerth ou encore Éric Ciotti, qui l’attendent de pieds fermes sur la controversée loi travail, de l’autre côté de la méditerranée, la marche victorieuse d’Emmanuel Macron n’en finit plus de susciter l’admiration. Du fait notamment qu’elle permet, à l’image de la dernière présidentielle, de renouveler la classe politique.

Pour cette Afrique toujours intéressée par la politique française, voir autant d’hommes et des femmes issus du secteur privé et totalement inconnus du grand public il y a encore quelques mois, se faire élire à l’Assemblée nationale, est quelque chose à la fois d’admiratif et qui suscite de l’envie.

Des journalistes, des mathématiciens et des jeunes chefs d’entreprises qui sortent des politiciens professionnels. Voilà qui devra inspirer sur le continent où des dynasties ont la mainmise sur les circonscriptions électorales devenues leur propriété privée depuis des années. Circonscriptions dans lesquelles le siège de député passe de pères en fils, puis de fils en petit fils. Du moins dans les pays où les élections sont encore organisés, sans laisser la moindre chance aux nouveaux venus. Enfin oui… cas même. Si ces nouveaux venus tissent certains liens clientelistes avec les politiciens ou le système patrimonial qui caractérise la vie politique en Afrique : cousin, gendre ou encore petite amie.

La France de Macron a démontré que des éléphants comme Patrick Balkany enraciné depuis de décennies à Levallois-Perret, mais miné par les affaires, pouvait se faire éliminer de la circonscription électorale de Hautes-Seines dès le premier tour par une illustre inconnue de 38 ans. Pour ne prendre que cet exemple parmi les nombreuses situations de l’acte final du phénomène Macron. Pour le bien de la politique comme on aimerait le voir au sud de la Méditerranée.