Par CAS-INFO

Cette fois-ci, ils en sont convaincus. Les élections vont avoir lieu et il faut au plus vite s’y préparer. Après s’être « battus » dans la rue pendant de longs mois, les partis politiques de tous bords en Republique Démocratique du Congo sont soudainement mobilisés sur le thème des élections. Fixées enfin au 23 décembre 2018, la présidentielle et les législatives censées permettre de renouveler le Président de la Republique et le Parlement, provoquent un véritable bouleversement du paysage politique du pays.

PPRD, la machine qui veut tout broyer

C’est un grand chamboule-tout qui secoue toutes les familles politiques. À commencer par la Majorité au pouvoir. Le PPRD, le Parti présidentiel, ne cache pas ses intentions de rafler la majorité de sièges à l’assemblée nationale. Une volonté d’imposer seul son hégémonie sans avoir à faire avec des encombrants alliés, comme a pu le révéler en novembre dernier des enregistrements sonores d’une réunion stratégique du parti de Joseph Kabila et comme l’ont confirmé les derniers changements dans les statuts du parti et au gouvernement.


Exit, le poste de Secrétaire général. Place à un duo Président et Vice-président à la tête de la formation politique la plus puissante du pays. Une réforme structurelle qui a envoyé Henri Mova – jusqu’ici Secrétaire général du parti, nommé ministre de l’Intérieur – au gouvernement, tandis qu’Emmanuel Shadari, stratège en chef et bras droit du chef de l’État prenait le contrôle du Secrétariat permanent du parti. Réforme qui ne souffre donc d’aucune ambiguïté sur la volonté de la machine PPRD à tout broyer aux prochaines élections.

L’axe MLC-UNC-Palu et des questions

La détermination du PPRD de dominer, seul, n’a pas laissé indifférents les partis alliés. En particulier le Palu. Après avoir permis à Joseph Kabila de balayer Jean Pierre Bemba en 2006, puis, de réduire les chances de l’opposition de l’emporter en 2011, le parti d’Antoine Gizenga prend les devants pour mettre fin à une alliance devenue depuis longtemps, de façade, en raison des critiques régulières d’Adolphe Muzito. L’ancien premier ministre a ainsi annoncé vendredi un rapprochement avec le MLC, le parti de Jean Pierre Bemba, avec lequel il assure partager la même idéologie politique.

« Pour gagner les élections, il faut fédérer nos forces », explique l’ex chef du gouvernement, qui se pose régulièrement en homme de la situation pour relever l’économie du pays. Mais Muzito devra aussi compter avec Vital Kamerhe. Le 3e homme de 2011 qui occupe à fond le terrain laissé libre par le Rassemblent étudie également la possibilité d’élaborer une stratégie électorale commune avec le même MLC. Pour ce qui va ressembler à un vrai casse-tête idéologique pour les trois partis. Car si le MLC, libéral, est en théorie compatible avec la sociale-démocratie prônée par l’UNC, la question se pose en revanche sur une alliance qualifiée déjà par certains détracteurs de « contre nature », avec le parti nationaliste et historiquement indépendantiste d’Antoine Gizenga. À moins que, et c’est souvent le cas en RDC, les idéologies politiques ne servent que pour du beurre.

Katumbi mobilise en Afrique du sud

À moins, aussi, que tous les moyens servent à parvenir à la fameuse et compliquée candidature unique de l’opposition pour la présidentielle. On en est loin pour le moment. Longtemps favori pour revêtir ce costume, l’opposant en exil, Moïse Katumbi, réunit ses troupes à Johannesburg en Afrique du sud, en « capitaine d’équipe  pour gagner les élections », a promis, samedi, l’ancien gouverneur du Katanga. Alors qu’à Limete ses principaux alliés de l’Udps se divisent à son sujet. « Chacun trace son chemin, mais ’il se pourrait qu’un jour nous puissions travailler ensemble », a déclaré Félix Tshisekedi. Coupant provisoirement court aux soupçons sur le flou qui entourerait les relations entre l’UDPS et Moïse Katumbi. Mais confirmant dans le même temps la fièvre électorale qui gagne les états-majors politiques dans le pays.