Par CAS-INFO

L’annonce par la CENI mercredi de ne pas organiser les élections avant avril 2019 pose un certain nombre de questions. Parmi celles-ci, le sort de l’accord de la Saint Sylvestre. Adopté le 31 décembre 2016 sous la houlette de l’église catholique, ce compromis était censé mettre fin à la crise politique née du maintien du chef de l’État Joseph Kabila au pouvoir au-delà de son second et dernier mandat expiré le 19 décembre 2016.

En renvoyant les élections dans quasiment environs deux ans, la CENI a-t-elle décidé d’exposer le pays au débat de légitimité ?

En effet, après l’accord du 18 octobre 2016, de la cité de l’Union africaine jugé non inclusif, la conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) est appelée en renfort. Objectif, convaincre et remettre le Rassemblement, boudeur, à la table de négociation. Résultat, un accord, « historique », est trouvé dans la nuit du réveillon de nouvel an et des grandes concessions des parts et d’autres : Joseph Kabila reste en poste pour un an encore. Jusqu’aux élections prévues le 31 décembre 2017.

Sur quelle base légale gouverner au-delà de 2017 ?

Le débat avait déjà commencé. Celui de savoir qui va diriger le pays après le 31 décembre 2017. Et il va à coup sûr s’accentuer. Pour le Rassemblement, la question ne se pose même pas. Il y aura, selon la coalition dirigée par Felix Tshisekedi, une transition « sans Joseph Kabila » mais avec une personnalité consensuelle choisie par la classe politique, ne cesse-ton de clamer à Limete. Il est vrai que la question aussi bien de la légalité que celle de la légitimité d’éventuels nouveaux dirigeants ou des autorités actuelles, si elles restent en place, deviendra un véritable sujet de débat.

Dès Mai 2016, alors que la contestation se faisait menaçante, la Majorité présidentielle avait dû solliciter la Cour constitutionnelle et réussi à « blinder » Joseph Kabila. Depuis, malgré l’accord de la Saint Sylvestre, certains dans le camp présidentiel n’hésitent pas à brandir la Constitution comme seule source de légitimité. Un débat qui va très vite revenir sur la table. Maintenant que le compromis de la Cenco a volé en éclats.