Par CAS-INFO

C’est une visite et des images dont les Congolais se souviendront pendant de longues années. Une émissaire des États-Unis qui sermonne quasiment des membres de la Commission électorale nationale indépendante, à qui elle demande, urbi et orbi, devant les caméras du monde entier, d’organiser les élections en 2018. « Pas à la fin de l’année mais au plus tôt ». C’est l’histoire d’un voyage houleux, celui de Nikki Haley, du 25 au 27 octobre 2017, en RDC, qui fait couler beaucoup d’encre et de salive à Kinshasa.

Et pour cause, il n’« appartenait pas à un gouvernement étranger de fixer un calendrier électoral », a protesté le porte-parole du Gouvernement Lambert Mende. Tandis que Majorité et Opposition ne cessent de s’envoyer les amabilités pour avoir « rampé » devant un ambassadeur étranger et pour s’être montrés « défaillants et incapables » de s’assumer.


Qu’importe, la représentante permanente des États-Unis à l’ONU, que certains, à Washington, imaginent déjà comme la potentielle successeuse de Rex Tillerson au Département d’État, assume elle son style et le revendique.

Dans des propos tenus aux journalistes qui l’accompagnaient, repris par Reuters, Nikki Haley est revenue sur ses sorties d’une tonalité rare en diplomatie. À Kinshasa comme à Juba. « Je pense que la franchise est importante, mais je m’y attendais aussi. J’ai eu des conversations franches avec eux [Kabila et Salva Kiir, Ndlr]. Cela a été très important parce que nous ne voulions pas aller là-bas faire un discours politique. Nous voulions aller tout droit à la réalité de la situation », fait valoir celle qu’on dit agacer les diplomates à l’ONU pour son approche « brutale » et son style « direct ».

Un style qui colle pourtant parfaitement avec celui de Donald Trump. Depuis son arrivée à la Maison Blanche le 20 Janvier 2017, le bouillant président américain a boulversé la diplomatie américaine à coup des « tweets ». À Kinshasa, Nikki Haley n’a rien improvisé.