Par CAS-INFO

C’est la bombe du jour en Republique démocratique du Congo. L’ancien vice-président de la république, Jean Pierre Bemba, a été acquitté vendredi des charges des crimes de guerre et crimes contre l’humanité par la chambre d’appel de la Cour pénale internationale. Le patron du Mouvement de libération du Congo (MLC) reste en prison mais devra retrouver sa liberté dans les prochains jours.

Après 10 ans passés derrière les barreaux, Jean Pierre Bemba voit la lumière. Condamné en première instance à 18 ans de prison pour les crimes de « meurtre, de viol et de pillage » commis par ses troupes en Republique Centrafricaine entre octobre 2002 et mars 2003, l’ex vice-président congolais avait contesté ce verdict. Lui qui n’a cessé d’expliquer durant la dernière décennie, à la fois, avoir pris des mesures contre ses hommes fautifs partis porter main forte à l’ancien président centrafricain Ange-Félix Patassé et n’avoir eu aucun contrôle sur ces mêmes soldats qui étaient alors sous la responsabilité du gouvernement centrafricain. La chambre d’appel lui a donné raison.

« La chambre d’appel conclut à la majorité de ses membres que la conclusion de la chambre de première instance selon laquelle Jean Pierre Bemba n’avait pas pris toutes les mesures nécessaires et raisonnables au regard des crimes commis par les troupes du MLC en RCA est sérieusement entachée d’erreurs. Jean Pierre Bemba ne peut être considéré comme pénalement responsable sur la base de l’article 28 pour les crimes commis par les troupes du MLC pendant l’opération en RCA », a declaré Christine Van Den Wijngaert, l’une des juges de la chambre d’appel.

La décision a été accueillie par une explosion de joie tant à la Haye où s’était déplacée une forte délégation du MLC venue de Kinshasa, que dans la capitale congolaise où les partisans de l’ancien vice-président n’ont pas retenu leur bonheur. Même si leur champion passe encore la nuit vendredi soir en prison dans l’affaire de « subornation des témoins ». Mais cela devrait être l’un de ses derniers séjours dans la cellule de la CPI. Alors que la Chambre de première instance VII annonce une conférence de “mise en état” le mardi 12 juin 2018 pour discuter du maintien en détention [ou non] de Jean-Pierre Bemba Gombo “en raison de sa condamnation pour des atteintes à l’administration de la justice”, a expliqué un communiqué de la Cour.

« Suite à cet arrêt, la Chambre d’appel a estimé qu’il n’y avait pas lieu de maintenir M. Bemba en détention dans le cadre de l’affaire concernant les crimes allégués en RCA et qu’il revenait à la Chambre de première instance VII de déterminer si sa détention demeure justifiée en vertu de sa condamnation pour des atteintes à l’administration de la justice.”, a precisé le texte.